1982. Michael Jackson a vingt-quatre ans et la pop s’apprête à changer de planète. Sur ce tableau de Michael Jackson époque Thriller, le visage est encore celui d’un jeune homme presque sage. Boucles noires, regard précis, sourire à peine esquissé. Sauf qu’autour, tout explose déjà. Les couleurs savent manifestement ce qui arrive avant lui.
Thriller paraît en novembre 1982. Neuf titres seulement. Mais quelle concentration. Billie Jean, Beat It, Human Nature, Wanna Be Startin’ Somethin’ et Thriller se retrouvent sur le même disque. Le mélange refuse gentiment de choisir une case. Pop, funk, soul et Rock circulent librement.
Quincy Jones produit l’album avec Jackson. Eddie Van Halen pose son solo sur Beat It. Paul McCartney partage The Girl Is Mine. Puis les images prennent le pouvoir. Le court métrage Thriller, réalisé par John Landis, dure presque quatorze minutes. Zombies, chorégraphie, maquillage et cinéma d’horreur envahissent alors ce qu’on appelait encore simplement un clip.
À partir de là, une chanson peut aussi devenir un petit événement de cinéma.
Huit Grammy Awards et une histoire de lunettes
Le 28 février 1984, Michael Jackson passe une partie considérable de sa soirée à se lever de son fauteuil. Il remporte huit Grammy Awards. Au septième trophée, un détail inattendu vient casser le protocole.
Katharine Hepburn lui avait demandé d’arrêter de cacher ses yeux derrière ses célèbres lunettes noires. Jackson s’était promis de les retirer s’il atteignait sept récompenses dans la soirée. Septième Grammy. Lunettes retirées.
La soirée se termine finalement avec huit trophées. Beat It reçoit notamment celui de l’enregistrement de l’année. Thriller devient album de l’année.
Tableau de Michael Jackson époque Thriller : avant les zombies, la lumière
Mon portrait ne reprend ni les morts-vivants ni la veste rouge du court métrage. J’ai préféré le Michael Jackson lumineux du début des années 1980. Son visage occupe tout le centre de la composition. Il est calme, presque doux. Les boucles noires forment une masse dense autour de lui.
La peinture, elle, refuse cette tranquillité. Turquoise, vert, orange, rose, rouge et bleu traversent le visage. Des cercles s’empilent et se croisent. Les projections éclatent autour des cheveux. Certaines zones disparaissent dans la matière avant de revenir sous forme de traits très fins. Le fond blanc laisse respirer l’ensemble. Ce choix accentue encore la luminosité des couleurs.
Le résultat fonctionne comme un contrepoint à l’imagerie horrifique de Thriller. Pas de cimetière. Pas de lune pleine. Pas besoin non plus de louer douze zombies pour compléter la décoration.
Le poster de Michael Jackson conserve un aspect graphique et très lumineux. Sur toile, les textures et les superpositions prennent davantage de présence.
C’est le Michael des années Thriller. Celui du moment où la musique, la danse et l’image commencent à se confondre. Tu peux donc aimer les années 80 sans transformer ton salon en musée de cire. Ce tableau de Michael Jackson époque Thriller capture plutôt l’instant où la pop s’apprête à apprendre à marcher à reculons.








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