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Tu peux éteindre la lumière si ça t’amuse. Ça ne changera rien. Valak la Nonne est déjà là, plantée face à toi avec ses yeux jaunes, son teint de cadavre et cette dentition qui exclut définitivement toute reconversion dans la publicité pour dentifrice. Ce portrait ne cherche pas à rendre l’horreur élégante. Il la laisse entrer, referme la porte derrière elle et te souhaite une excellente nuit.

Valak apparaît sous cette forme dans Conjuring 2. Le démon choisit l’apparence d’une religieuse pour frapper là où cela fait le plus mal : la foi de Lorraine Warren.
Puis le personnage sort de l’ombre.
En 2018, La Nonne lui offre son propre terrain de jeu. Direction la Roumanie, une abbaye isolée et suffisamment de couloirs obscurs pour faire exploser le budget consacré aux bougies.
Bonnie Aarons prête son visage au démon. Et ce visage fait une grande partie du travail. Pas besoin d’une créature numérique couverte de tentacules. Des yeux pâles, un maquillage funèbre et une silhouette religieuse détournée suffisent largement à rendre l’ensemble profondément malsain.
Le blasphème visuel est simple. C’est justement pour ça qu’il fonctionne.

Avant la nonne, il y avait un gros démon à cornes

Voilà l’un des meilleurs détails de la naissance du personnage. James Wan avait d’abord tourné Conjuring 2 avec une tout autre incarnation de Valak. Un immense démon cornu.
Costume animatronique, prothèses spectaculaires et même des ailes qui devaient être ajoutées numériquement. Bref, le service complet. Puis Wan regarde le résultat au montage. Non. Trop fantastique. Trop énorme. Pas assez intime.
Il veut quelque chose qui attaque directement Lorraine Warren et sa foi catholique. Il se souvient alors qu’elle lui avait parlé avec affection de plusieurs amies religieuses. L’idée tombe. Une nonne. Le démon cornu est remplacé lors de prises de vues supplémentaires.
Ironie parfaite : des mois de conception de monstre ont été balayés par un voile noir et deux yeux qui fixent beaucoup trop longtemps.

Le tournage où deux figurants ont oublié d’exister

Sur La Nonne, le réalisateur Corin Hardy tourne dans une ancienne forteresse en Roumanie. Ambiance saine.
Il installe ses écrans de contrôle dans une petite pièce donnant sur un long tunnel souterrain. Deux hommes sont assis dans l’obscurité. Hardy suppose qu’ils appartiennent à l’équipe et les salue. Il travaille ensuite pendant environ trente minutes. La prise est enfin bonne. Il se retourne vers eux. Plus personne.
Le détail légèrement désagréable ? La pièce ne possède qu’une seule entrée. Et Hardy se trouvait juste à côté.
Le réalisateur n’a jamais affirmé avoir rencontré deux fantômes. Il évoque même la possibilité d’un phénomène visuel provoqué par l’éclairage. C’est raisonnable.
Continuons donc à appeler cela un problème de lumière dans une forteresse roumaine pendant le tournage d’un film démoniaque.

Valak la Nonne : aucun besoin de jumpscare

Sur ma création, tout repose sur le visage. Pas de corridor gothique. Pas de crucifix qui tombe du mur. Pas de personnage minuscule perdu au fond d’une abbaye. Valak arrive plein cadre. Le voile forme une masse sombre autour d’un visage presque bleu. Les orbites noires enferment deux iris jaunes qui deviennent immédiatement le point de fixation du portrait. Puis vient la bouche. Ouverte, déformée, chargée de dents irrégulières. Elle casse brutalement la rigidité presque symétrique du visage.
Les textures renforcent cette impression de matière abîmée. Des hachures très fines parcourent la peau. Des fissures et des traces rouges apparaissent par endroits.
Autour du portrait, le bleu électrique domine. Violet, noir et rouge viennent contaminer la composition. Cercles, projections et coulures donnent du mouvement à une figure pourtant presque immobile.
C’est ce contraste que je cherchais. Le personnage ne bondit pas. Il n’en a pas besoin.
Ce poster de Valak la Nonne, également disponible sur toile, met en avant le regard. De près, les textures, les griffures et les détails prennent le relais.
Tu cherchais une décoration cinéma discrète ? Très mauvais choix.
En revanche, si ton intérieur manque sérieusement de possession démoniaque, de bleu cadavérique et de mauvaises intentions, Valak la Nonne devrait corriger le problème.

Œuvre signée par l’artiste Totor (exclusivité Splashed!)
Image de référence : Affiche de La Nonne – Bonnie Aarons – 2018 – Corin Hardy © Atomic Monster – The Safran Compagny – New Line Cinema

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Dimensions ND

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